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ETS1 - Querelle étriquée autour d'un vrai problème

Les SCIV ont décidé de ne pas soutenir le référendum de la FMEP, un éventuel refus du décret ETS1 aggravant le problème général pour la défense d'intérêts particuliers.

La FMEP l'affirme sur un ton péremptoire: accepter le décret ETS1 c'est choisir le Valais qui perd, le refuser  c'est choisir le Valais qui gagne. Le slogan est bien tourné mais très éloigné de la réalité.

Nous soutenons ce qui nous semble juste

Le comité cantonal des SCIV a décidé lors de sa séance du 14 octobre de ne pas soutenir le référendum lancé par la FMEP (Fédération des Magistrats, des Enseignants et du Personnel de l'Etat du Valais) contre le décret ETS1 adopté en mars dernier par le Grand Conseil.

Rupture de solidarité syndicale? Pour cela, il faudrait déjà que la FMEP soit un syndicat. Au-delà de ce premier point, être syndicaliste ne dispense par d'être réaliste. Ni d'analyser les propositions des associations d'employés que nous pourrions soutenir. Ou pas, nous ne sommes pas fans des automatismes.

Une souris dont la FMEP veut faire une montagne

La FMEP propulse le vote sur le décret ETS1 au rang de vote de confiance sur l'avenir du Valais, dépeignant en cas d'acceptation du décret un canton qui va quasiment devenir le tiers-monde de la Suisse. Mais sur quoi vote-t-on, en fait?

Le décret contesté par la FMEP prévoit des économies de 31 millions de francs pour l'Etat du Valais, dont 10% concernent l'enseignement. Ces 3 millions économisés sur l'enseignement ont suffi pour que la FMEP menace, avant même le passage du projet de décret devant le Grand Conseil, de lancer un référendum si les mesures concernant l'enseignement n'étaient pas retirées. Les mesures sont restées, le référendum a été lancé.

Le "touche pas à mes acquis" est en soi une réaction légitime, aucun syndicaliste ne prétendra le contraire. Mais au moment d'aller devant le peuple, encore faut-il argumenter sur le vrai sujet de la votation. Concrètement, pour ce qui concerne l'enseignement, ETS1:

  • impose aux enseignants une classe d'attente à l'engagement, sacrifice exigé depuis longtemps de tous les employés de l'Etat ...sauf les enseignants
  • rend les décharges (diminutions d'heures de cours) pour des missions particulières optionnelles, alors qu'elles sont aujourd'hui automatiques
  • prive momentanément les seuls professeurs d'éducation physique de la baisse (programmée pour la rentrée 2015) de 26 à 23 heures hebdomadaires d'enseignement dans le secondaire II.

Oui, c'est indubitablement un effort qui est demandé aux enseignants par ETS1. Non, les enseignants ne sont pas des privilégiés. Mais ces efforts sont somme toute modérés.

Par contre, la FMEP est juste hors sujet quand elle invoque contre ETS1 les affres promises aux subventions de primes d'assurance-maladie, à la qualité des soins, au travail de la police ou à l'entretien des routes: aucun de ces sujets n'est concerné par le décret soumis au peuple valaisan. La baisse des subventions pour les primes de caisse-maladie, votée en mars hors du cadre ETS1, n'avait à l'époque pas ému le moins du monde la FMEP. Nous oui, nous l'avons dénoncé, car nombre de membres sont venus nous demander comment faire avec ces réductions de subventions.

Combattre un train d'économies plutôt que sanctuariser un wagon

Nous l'avons écrit dans notre journal, nous nous opposons à la dynamique en cours qui voit l'Etat du Valais dresser des listes d'économies ...après s'être volontairement appauvri à force de cadeaux fiscaux! Nous avons déjà dénoncé cette dérive l'an dernier à propos des économies imposées à l'Hôpital du Valais, bien avant que la FMEP décide tout récemment de s'intéresser au monde de la santé.

Il n'en demeure pas moins que les faits, comme disait Lénine, sont têtus. La commission des finances a refusé le projet de budget 2015, une première depuis plus de 20 ans. Les prochaines sessions du Grand Conseil s'annoncent chaudes: double frein aux dépenses et à l'endettement oblige, c'est un trou budgétaire supérieur à 100 millions que le Grand Conseil va s'atteler à combler pour équilibrer les comptes de l'Etat. Avec de nouvelles recettes? Le Grand Conseil a déjà prouvé sa prédilection pour les économies! Gageons qu'elles seront autrement plus sévères que celles d'ETS1...

Refuser le décret ETS1, alors que l'Etat a déjà intégré ces 31 millions d'économies dans ses calculs, revient donc à rendre encore plus profond le trou à combler. Le moment est-il vraiment opportun? Non, nous en sommes absolument convaincus: le seul résultat concret en cas de refus d'ETS1 sera une extension des mesures d'économie, les rendant  plus douloureuses pour le reste des employés de l'Etat et pour l'ensemble de la population valaisanne. Mais au moins les sacro-saints acquis des enseignants auront-ils été préservés.

Alors oui, la campagne menée par la FMEP donne bien un signal. Un signal de fumée.

 

PS: la FMEP, si proche des enseignants, pourrait-elle passer sa homepage au correcteur orthographique? Parce que franchement, le slogan "NON à des coupes budgétaires qui ouvriraient la boite de Pandorre" fait mal aux yeux: pour information, boite prend un accent circonflexe (sur le i), Pandorre ne prend qu'un r (et c'est à considérer comme un acquis).